{"id":713,"date":"2018-12-10T23:00:36","date_gmt":"2018-12-10T22:00:36","guid":{"rendered":"http:\/\/www.lesyeuxdom.fr\/lesyeux\/?p=713"},"modified":"2018-12-10T23:02:27","modified_gmt":"2018-12-10T22:02:27","slug":"dis-moi-quel-est-ton-nom","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/www.lesyeuxdom.fr\/lesyeux\/?p=713","title":{"rendered":"Dis-moi, quel est ton nom ?"},"content":{"rendered":"\n<p><em>They are two people in me, <br>I would like to be Maria<br>but there is The Callas <br>I have to live up too (\u2026)<\/em><br>(<em>Maria, by Callas<\/em>, film de Tom Volf, 2017)<\/p>\n\n\n\n<h6 class=\"wp-block-heading\"><\/h6>\n\n\n\n<p style=\"text-align:left\">\u00c0 Marseille, rue Breteuil, l&rsquo;ancien cin\u00e9ma a fait place \u00e0 un immeuble, un restaurant peut-\u00eatre, mais de tes sanglots encore, je me souviens. C&rsquo;\u00e9tait hier \u00e0 peine, il y a 20 ans. Nous partagions ton rire, Callas, mais \u00e9tait-il sinc\u00e8re ? Ta s\u00e9duction nous ensorcela, mais feinte d\u00e9j\u00e0 ? Ta d\u00e9convenue ? Elle nous gla\u00e7a. Au dernier air, ton d\u00e9sespoir, Maria, nous chavirait. Aimer encore, t&rsquo;aimer encore, une derni\u00e8re fois. \u00c0 l&rsquo;unisson ce soir-l\u00e0, vers la maladie et la mort, avec toi, Violetta, nous voguions. <br>Nous \u00e9tions deux, c\u00f4te \u00e0 c\u00f4te, si\u00e8ge contre si\u00e8ge, \u00e0 te suivre, \u00e0 t&rsquo;entendre, \u00e0 t&rsquo;admirer. Mais toi, assise \u00e0 mes c\u00f4t\u00e9s, que pressentais-tu ? Que savais-tu d\u00e9j\u00e0 ? They are two people in me\u2026 Que revivais-tu ? Que partageais-tu ? (\u2026) Puis ce d\u00e9sespoir qui vint, qui t&rsquo;envahit, ce gouffre en toi qui s&rsquo;ouvrit, une d\u00e9solation par vagues, de tes sanglots encore, je me souviens, alors que d&rsquo;escalier en couloir, que de Callas en Maria, que vers le jour, que vers la vie l\u00e0-haut, que vers la rue, vers son indiff\u00e9rence, nous nous en retournions\u2026 <br>Je t&rsquo;ai revue depuis et ce soir encore, Maria Callas sur les \u00e9crans. Les ann\u00e9es ont pass\u00e9. La salle est petite aujourd&rsquo;hui, les fauteuils us\u00e9s, c&rsquo;est un autre cin\u00e9ma que voil\u00e0. Mais \u00e0 l&rsquo;\u00e9cran, sur ton visage, une m\u00eame gr\u00e2ce, une m\u00eame \u00e9motion en moi. Une fois encore tu chantes, tu aimes, tu te brises. Divine, tu es. Une fois encore, \u00e9puis\u00e9e, tu salues la salle tandis qu&rsquo;ils tournent autour de toi, s&rsquo;enivrent de ton parfum, s&rsquo;\u00e9tourdissent \u00e0 pr\u00e9tendre te poss\u00e9der.  <br>Vivre nous unit, vivre nous s\u00e9pare. Quel est ton nom, Maria ? Quelle est ta pri\u00e8re, tandis que soir apr\u00e8s soir vers ton cou si fr\u00eale, vers ta gorge si fine tu l\u00e8ves encore les mains et tu les joins ? Quel est ton v\u0153u ? Quelles larmes sal\u00e9es cachiez-vous, quel \u00e9moi sous l&rsquo;\u00e9tole carmin, tandis que d&rsquo;escalier en couloir, de Callas en Maria, que vers le jour, vers la rue nous remontions ? <br><br><em>Guarir non \u00e8 possibile \/ <\/em><br><em>la malattia di vivere \/ <\/em><br><em>sappesi com&rsquo;e vera \/ <\/em><br><em>Questa cosa qui. <\/em><br><br>Ta maladie \u00e0 vivre, notre mitoyennet\u00e9, trois notes suffisent-ils pour nous le rappeler ? Sur l&rsquo;\u00e9cran &#8211; mais peut-\u00eatre \u00e9tait-ce d\u00e9j\u00e0 la bande annonce du film suivant &#8211; je les lus, je les entendis puis ceci, au d\u00e9tour du refrain, E se ti fa soffrire un p\u00f2 \/ puniscila vivendola.\u2026 <br>Ces  mots, je les reconnus. Cette voix aussi et le rythme rock. Paroles d&rsquo;une autre idole, une pop star d&rsquo;aujourd&rsquo;hui. \u00c0 mille lieues des tiens, mais entre vous, une m\u00eame langue, un m\u00eame son, un m\u00eame \u00e9cho. Paradis perdu.<\/p>\n\n\n\n<p>M.N.<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p>(Paru dans Filigranes N\u00b098&nbsp; <em>Rejouer le monde)<\/em><br><\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>They are two people in me, I would like to be Mariabut there is The Callas I have to live up too (\u2026)(Maria, by Callas, film de Tom Volf, 2017) \u00c0 Marseille, rue Breteuil, l&rsquo;ancien cin\u00e9ma a fait place \u00e0 &hellip; <a href=\"http:\/\/www.lesyeuxdom.fr\/lesyeux\/?p=713\">Continuer la lecture <span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[4],"tags":[],"class_list":["post-713","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-la-mort-viendra-elle-aura-tes-yeux-cesare-pavese"],"_links":{"self":[{"href":"http:\/\/www.lesyeuxdom.fr\/lesyeux\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/713"}],"collection":[{"href":"http:\/\/www.lesyeuxdom.fr\/lesyeux\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"http:\/\/www.lesyeuxdom.fr\/lesyeux\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/www.lesyeuxdom.fr\/lesyeux\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/www.lesyeuxdom.fr\/lesyeux\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=713"}],"version-history":[{"count":4,"href":"http:\/\/www.lesyeuxdom.fr\/lesyeux\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/713\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":718,"href":"http:\/\/www.lesyeuxdom.fr\/lesyeux\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/713\/revisions\/718"}],"wp:attachment":[{"href":"http:\/\/www.lesyeuxdom.fr\/lesyeux\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=713"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"http:\/\/www.lesyeuxdom.fr\/lesyeux\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=713"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"http:\/\/www.lesyeuxdom.fr\/lesyeux\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=713"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}