{"id":719,"date":"2018-12-10T23:09:08","date_gmt":"2018-12-10T22:09:08","guid":{"rendered":"http:\/\/www.lesyeuxdom.fr\/lesyeux\/?p=719"},"modified":"2018-12-10T23:54:30","modified_gmt":"2018-12-10T22:54:30","slug":"le-temps-quil-fera","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/www.lesyeuxdom.fr\/lesyeux\/?p=719","title":{"rendered":"Le temps qu&rsquo;il fera"},"content":{"rendered":"\n<p>\u00ab\u00a0Quand nous serons au bout de ce que l\u2019on pourra <br>Quand nous serons au bout de ce qui ne meurt pas <br>Dis-moi ce qui viendra <br>Et le temps, le temps qu\u2019il fera \u2026\u00a0\u00bb<br>I Muvrini, <em>Ch\u00ec tempu far\u00e0<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p>(de num\u00e9ro en num\u00e9ro, <br>\nparcourant l&rsquo;archive jusqu&rsquo;\u00e0 hier)<\/p>\n\n\n\n<p>Dis-moi que la vie continue, dis-moi que demain est un autre jour.<br>\nRedis-moi les langues d\u2019avant, redis-moi les eaux du Nord, les jardins de l\u2019enfance. Relis-moi l\u2019Un, la fusion, l&rsquo;indistinct.     <br>\nJe buvais \u00e0 vos bouches et je n\u2019en savais rien. Dis-moi ce que j\u2019y ai appris, rappelle-moi l\u2019attachement et le gouffre qui trop t\u00f4t s\u2019ouvrit. Les traits de nos m\u00e8res, \u00e9crits dans le ciel, si peu les voient. Dans les sph\u00e8res hautes, ils poussent les vents. Leurs formes et leurs contours, rappelle-les, dessine les pour moi mais ne l\u2019appelle pas, elle est si loin d\u00e9j\u00e0\u2026 <\/p>\n\n\n\n<p>f<em>ragments (\u2026) morceaux de r\u00eaves pris dans un coin (\u2026) l&rsquo;ombilic du texte <\/em><\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p>Au d\u00e9tour des ann\u00e9es 80, avec toi, quand le deux advint, \u00d4 quand les signes se d\u00e9doubl\u00e8rent, \u00d4 quand les yeux s&rsquo;ouvrirent, \u00d4 quand vint le temps des mus\u00e9es, celui des livres, des \u00e9critures, quand les maisons de Hopper, les tapis de Klee, quand le petit mur jaune de Van Gogh, quand tout ce que nous n\u2019avions encore jamais vu, jamais lu, jamais pris entre nos doigts, quand tout \u00e9tait signe d\u00e9j\u00e0\u2026<\/p>\n\n\n\n<p><em>folies plurielles (\u2026) presque l&rsquo;infini (\u2026) comme si, m\u00eame si <\/em><\/p>\n\n\n\n<p>D&rsquo;hier encore, de nos travaux, rappelle-moi les jours. Mais aussi, parle-moi de la nuit. Dis-moi les mots &#8211; nos ailes si souvent s&rsquo;y br\u00fblaient &#8211; dis-moi le corps, dis-moi la lettre. Dis-moi que cela a exist\u00e9. Sois pr\u00e9cise, je te prie, mais point trop ne le sois. Nous naissions au po\u00e8me, au r\u00e9cit. Nul souffle plus chaud sur nos peaux que celui de nous traduire le diff\u00e9rent. Il nous fondait\u2026<\/p>\n\n\n\n<p><em>corps palimpsestes (\u2026) preuves obstin\u00e9es (\u2026) entre-deux <\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Reparle-moi des heures, redis-moi les mondes qui naissaient sous nos yeux. Dis-moi les articles, les textes, mais surtout, je te prie, n\u2019en dis rien de plus. La suite, seuls, la connaissons. <br>\nLa poche qui nous unit, son liquide, son enveloppe, sa peau, un jour, s&rsquo;ouvrit, se r\u00e9pandit, nous s\u00e9para. De cette v\u00e9rit\u00e9 qui \u00e9merge, de cette serpe qui tranche et coupe le lien, quel est le nom ? <br>\nTapi dans l&rsquo;ombre des pins et des cypr\u00e8s, au grand midi, de ce qui fut Sud un jour, tout palpite encore. <\/p>\n\n\n\n<p>Alors, aide-moi. Gardons m\u00e9moire. Portons-la. Transportons-la. Retenons-la. Si son lieu se nomme page, d\u00e9posons-la. Elle est de mer et de collines, de cailloux au bord des chemins. Elle est de <br>\ngarrigue, de sables et de galets. S&rsquo;il arrive qu&rsquo;elle blesse encore, si souvent d\u00e9j\u00e0 elle fuit entre nos doigts.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais il est aussi un cap. Il surplombe la mer. Non loin d&rsquo;ici, au plus pr\u00e8s de ton absence. \u00c9trange est son nom : Canaille. Dans la baie, \u00d4 ta voix r\u00e9sonne dans le soir comme froissement de soie, foulards flottant au bon vouloir des vents\u2026      <\/p>\n\n\n\n<p><em>Passer outre (\u2026) nouvelles bouteilles \u00e0 la mer (\u2026)  si rien de radical n&rsquo;advient (\u2026)<\/em><br><br>Demain, \u00e0 notre porte. Toi, \u00e0 mes c\u00f4t\u00e9s qui te tiens, dis-moi qu&rsquo;un nouveau monde attend. Dis-moi que deux et deux, et encore deux, et quatre, font dix, font mille. Dis-moi que de nouvelles eaux abondent celles d&rsquo;avant. Dessine-moi le trois &#8211; impair, passe et manque -. Dessine-moi le cent. Dis-moi qu&rsquo;\u00e0 compter ensemble, encore, nous prendrons le temps. <br>Et encore, parle-moi. Dis-moi le jardin. Dis-moi les fruits. Ils envahissent les coeurs. Ils tachent les dents. Ils sont de s\u00e8ve et de sang.  <br>Des langues enfouies se l\u00e8vent dans nos bouches, des voyageurs nouveaux accostent. D&rsquo;autres rivages appellent. Vivre et survivre, et d\u00e9sirer si fort.   <\/p>\n\n\n\n<p>Quelle est notre demeure ?  Tout se cumule. De nos additions, nous grandissions. De nos diss\u00e9minations, le jour viendra o\u00f9 nous nous \u00e9chapperons. Ne me dis rien. Je le sais, mais redis-le-moi quand m\u00eame. Chuchote-le \u00e0 mon oreille, car toi aussi tu le sais. Depuis si longtemps d\u00e9j\u00e0.     <br>\nEt puis, redis-moi\u2026  le temps qu&rsquo;il fera.<\/p>\n\n\n\n<p style=\"text-align:right\"><em>Je cherche encore ton nom, <\/em><br><em>la forme de ta lettre, <br>de ton ascendance, la source. <\/em><br><em>Je les connais pourtant, mais toi ? Toi ?<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><br>M.N. (Paru dans Filigranes N\u00b099 <em>Vers le cent<\/em><br><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00ab\u00a0Quand nous serons au bout de ce que l\u2019on pourra Quand nous serons au bout de ce qui ne meurt pas Dis-moi ce qui viendra Et le temps, le temps qu\u2019il fera \u2026\u00a0\u00bbI Muvrini, Ch\u00ec tempu far\u00e0 (de num\u00e9ro en &hellip; <a href=\"http:\/\/www.lesyeuxdom.fr\/lesyeux\/?p=719\">Continuer la lecture <span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[10],"tags":[],"class_list":["post-719","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-a-propos-decriture"],"_links":{"self":[{"href":"http:\/\/www.lesyeuxdom.fr\/lesyeux\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/719"}],"collection":[{"href":"http:\/\/www.lesyeuxdom.fr\/lesyeux\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"http:\/\/www.lesyeuxdom.fr\/lesyeux\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/www.lesyeuxdom.fr\/lesyeux\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/www.lesyeuxdom.fr\/lesyeux\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=719"}],"version-history":[{"count":2,"href":"http:\/\/www.lesyeuxdom.fr\/lesyeux\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/719\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":724,"href":"http:\/\/www.lesyeuxdom.fr\/lesyeux\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/719\/revisions\/724"}],"wp:attachment":[{"href":"http:\/\/www.lesyeuxdom.fr\/lesyeux\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=719"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"http:\/\/www.lesyeuxdom.fr\/lesyeux\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=719"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"http:\/\/www.lesyeuxdom.fr\/lesyeux\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=719"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}